Notre siècle a su vaincre la tyrannie, faire disparaître les
distances, rapprocher les Hommes et bâtir entre eux des barrières invisibles, connaître
son environnement et le maltraiter,
Toutes ces mutations furent plus ou moins
rapides, plus ou moins bien acceptées, plus ou moins assimilés par la société et ceux
qui la composent.
Le XXème
Siècle est riche d'enseignements pour l'Homme qui a appris que la Société n'est rien
sans lui car tôt ou tard, les peuples libre sortent vainqueurs. Le XXème siècle a
apporté la preuve historique qu'il n'est de richesse que d'Hommes.
Ainsi, la fin
du siècle est marquée par une accélération des mutation de notre société.
Aujourd'hui, la France traverse une grave crise de mutation. Les changements les moins
bien acceptés se transforment en peurs faisant régner dans le pays une atmosphère de
crise. La société française change. Nous devons non seulement en prendre acte, mais
davantage être les moteurs de ce changement. C'est le rôle de la politique que de tracer
l'avenir. Elle a aujourd'hui le devoir de renouer avec sa véritable mission. Et c'est le
rôle de notre mouvement héritier de l'idéologie gaulliste a qui l'histoire de ce
siècle donne raison d'être le leader de cette nouvelle politique dans une nouvelle
société.
Et le constat
et l'ambition qui en découle ne sont pas nouveaux. Nous ne sommes pas les premier à le
faire. La Nouvelle Société que nous constatons aujourd'hui n'est autre que "la
Nouvelle France" de Jacques Chirac, point de départ de la campagne
présidentielle. Le Président Chirac a commencé à engager, une fois élu, les réformes
importantes d'adaptation de la France à cette nouvelle donne. Réforme de l'Etat,
réforme profonde de l'Armée, réflexion pour une nouvelle justice plus proche des
justiciables, volonté d'adaptation de l'économie au monde moderne, furent les premiers
éléments peu médiatiques de ces réformes. Loin de se satisfaire de l'idée
généralement répandue selon laquelle les deux premières années du septennat furent
gâcher, nous disons qu'elles ont jeté les bases de cette nouvelle société.
Une société
que nous devons bâtir, consolider, et qui ne tiendra que si elle se fait pour et avec
chacun de ses enfants. Les jeunes d'aujourd'hui, comme ceux des générations
précédentes, ressentent l'ardente nécessité de construire la société dont ils seront
des éléments actifs. C'est de cette jeunesse que doit naître la société, c'est pour
elle que nous devons la construire, c'est avec elle que notre mouvement se rénove pour
qu'à son tour notre pays puisse se rénover.
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I. Constat d'une société nouvelle
A.
La crise des repères traditionnels
1.
La famille éclatée
Fruit de l'action politique appliquée au grès des phénomènes
de mode des générations successive, la situation de la famille est aujourd'hui
profondément modifié.
Les familles sont aujourd'hui éclatés physiquement et
socialement.
L'assouplissement des procédures de divorce conjugué à la
libération de la femme ont affaibli l'institution du mariage et la famille au sens
traditionnel. La famille devient monoparentale, et le modèle traditionnel de la femme au
foyer consacrant sa vie à l'éducation de ses enfants est remplacé par la crèche, les
centres de loisirs réduisant le contact avec les parents à l'"entretien"
matériel de l'enfant et à quelques rares moments de loisirs. Les parents cèdent leur
rôle d'éducation à l'Ecole et aux structures sociales d'accueil.
Le modèle familial vole aussi socialement en éclat avec la
persistance du chômage surtout dans ses effets. Ainsi, le modèle du père qui travail
dur pour apporter à sa petite famille de quoi vivre et qui donnait un certains nombre de
valeurs de mérite et de respect est remplacé par le père au chômage,
"zonant", galérant de stages de réinsertion en entretiens ratés brisant d'un
coup toutes tentative de respect. Dans le pire des cas, le nouveau modèle familial est le
grand frère dealer qui gagne plus en 1 jour que son père ouvrier en 1 mois.
2.
La nouvelle donne de l'emploi
Conséquence de mécanismes sur lesquels ils n'ont pas de
pouvoir, les politiques acceptent néanmoins d'endosser la responsabilité du chômage au
point d'en faire le baromètre de leur action politique et de leur réussite. Rivés sur
les chiffres du chômage qu'ils ne peuvent influer, ils attendent la sanction comme un
ultime plaisir masochiste.
Mais au delà de cette constatation, la façon d'appréhender le
travail a profondément été bouleversé ses dernières années.
Le chômage tout d'abord qui se développe au delà de la simple
France à l'ensemble de l'Europe a dans nos sociétés des conséquences socialement
désastreuses.
Le travail change. Près de XX% des emplois d'aujourd'hui
n'existaient pas il y a 10 ans, ce qui laisse à penser que bon nombre des emplois de
demain ne sont pas encore imaginés aujourd'hui. Conséquence directe, on ne rentre plus
dans une entreprise pour la vie et la médaille du travail va devenir une récompense
rare.
L'internationalisation de l'économie change la donne. L'Europe
doit son développement à la révolution industrielle, or la production industrielle est
désormais délocalisée. Pour que l'Europe vive, elle doit profondément se reconvertir
et connaître de nouveaux Vilvorde.
Les jeunes enfin sont les premiers touchés par le chômage. Avant
de rentrer dans le monde du travail, ils en sont déjà exclus ! Ils ont l'impression que
les années d'études ne servent plus à rien et les diplômes ne garantissent plus rien.
La jeunesse refuse de croire en l'avenir.
3.
La Nation disparue
Jusqu'alors, la Nation voulait dire quelque chose. On pouvait
mourir pour elle à 20 ans et trouver cela noble. Aujourd'hui la Nation ne signifie plus
grand chose. A cela plusieurs causes :
- Un cause historique : le XXème siècle est celui des
guerres mondiales entamées au nom des Nations et des empires. Au nom des Nations, on a
tué, persécuté, organisé des génocides, des déplacements de populations. Hitler a
tué au nom de la Nation allemande. Le déficit de crédit de la Nation est tel que même
la libération des pays de l'Est annexés par les communiste au nom de l'International et
de la fin des Nations, n'a pas suffit à la réhabiliter.
- Une cause politique : conséquence directe de
la cause historique, les développement des idées extrémistes nationalistes facteur de
guerres (Afrique, Yougoslavie, ...) et de Haines (FN,
) dévalorise la Nation en en
exaltant une vision négative et égoïste.
- Une cause technique : la développement des
moyens de communication a fait éclaté l'idée de frontière autrefois limites concrètes
et universellement perceptibles de la Nation. La révolution des transports entamée au
siècle précédent, s'est accélérée dans ce dernier demi-siècle avec la
démocratisation de l'avion et des voitures et a fait explosé les frontières. De même
en est-il aujourd'hui avec la révolution des télécommunications. Internet crée un
véritable Etat Mondial Virtuel dans lequel les citoyens de tous les pays peuvent se
réfugier, se jouant des frontières et des origines.
- Une cause économique : conséquence des 2
révolutions des communications, l'économie se mondialise. La consommation devient
internationale, et la production souvent délocalisée rends caduc l'idée de préférence
nationale. Tel fabricant de chaussure français fait produire à bas coup dans des pays en
voie de développement.
Tout ces éléments participent à l'internationalisation de nos
sociétés. La Nation n'est plus une valeur refuge pour les nouvelles générations. Ils
se sentent citoyens du monde.
B. Les nouveaux repères
Les politiques sont souvent dépassés par des mutations sur
lesquels ils n'ont pas toujours prise. La nature ayant horreur du vide, la disparition des
valeurs et des repères traditionnels ouvre la voie à un nouvel ordre. De nouveaux
repères sont nés, créés par la société, par les hommes qui se les sont bâtis. Et la
Politique ayant brillé par son absence, elle a perdu aux yeux des citoyens son utilité
entraînant une immense crise de confiance.
Et pourtant, il y a des choses à faire pour adapter la
société à ses nouveaux repères. Et c'est à la politique de prendre le temps de
réfléchir et de proposer les adaptations nécessaires à cette nouvelle société. Les
exemples sont nombreux.
La fragilisation du mariage est-elle pleinement assumée par la
société ? Aujourd'hui, les couples de concubins et avec eux les nouvelles familles nées
de la volonté de deux individus de lier leur destins ne trouvent pas (ou ne peuvent pas
légalement trouver) leur bonheur dans la législation actuelle. Ne faut-il pas
repenser notre code civil en prenant acte de ce qui est et non en transposant des
fantasmes moralistes ? Là la politique doit apporter une réponse.
Quand les parents se retournent vers l'École pour apprendre et
éduquer leurs enfants, l'Éducation Nationale prend-elle en compte cette nouvelle demande
et sait-elle s'y adapter et y répondre ? Là la politique doit apporter une réponse.
Quels sont les nouveaux modèles que la société offre aux jeunes
en perte de repères ? Il est temps de réhabiliter le travail dans un sens noble et
moderne et des héros modernes positifs pour donner le goût de l'initiative aux plus
jeunes. Là la politique doit apporter une réponse.
A l'heure où le gouvernement s'enferme dans des mesures de
replâtrage de l'économie pour s'agiter devant le chômage, ne serait-il pas temps enfin
d'adapter les lois sociales françaises à la nouvelle donne économique ? La loi
française reste rigide quand on demande de la flexibilité. La loi encourage l'emploi à
très long terme quand l'offre d'emploi se fait à court terme. Il est temps d'inventer un
nouveau cadre social qui puisse être à la fois gardien des dérives et moteur des
libertés ? Là la politique doit apporter une réponse.
Quand sa vocation devrait être d'innover et d'encourager
l'innovation, l'Europe investi pour tenter de sauvegarder des secteurs en perte de
vitesse. A quand une vraie réflexion sur les nouveaux emplois, sur les emplois de demain
? Là la politique doit apporter une réponse.
Au lieu de subir les délocalisations en se lamentant sur notre
sort, inventons les moyens de tirer humainement et économiquement profit d'une nouvelle
donne qu'il nous faut obligatoirement subir. Là la politique doit apporter une
réponse.
L'Education Nationale ne semble pas capable de préparer
correctement aux mlétiers de demain. A quand cette grande réforme devenue urgente pour
que l'éducation anticipe l'évolution du marché du travail et sache préparer aux
nouveaux métiers. Ce n'est pas une simple question de déblocage de fonds sur 1 ou même
10 ans, c'est une véritable réforme en profondeur de l'organisation éducative. Là
la politique doit apporter une réponse.
Il est temps de changer l'appréhension des questions de société
en prenant en compte la nouvelle donne.
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II. Motion pour la Nouvelle Société
Pour combler le fossé qui s'est creusé entre les citoyens et
la politique, il faut rénover la politique. Et qui mieux que le mouvement gaulliste peut
être à la pointe de ce grand défi.
A. Repenser la Politique
On ne répond plus à l'insécurité en augmentant le nombre de
policiers mais en offrant un avenir à la jeunesse. On ne résous plus le problème du
chômage à coup de subventions, allocations et autres stages plus ou moins diplômants
mais en s'attaquant à sa cause structurelle c'est à dire en modifiant la vision
traditionnelle du travail. On ne rendra pas aux citoyens leur confiance en la justice du
pays par des déclarations de principe et des mises en examen, mais en recentrant la
justice sur la vie quotidienne des français, en la rendant moins obscure, moins
intouchable, plus démocratique. On ne redonnera pas une vision positive de la Nation tant
que l'Etat restera un dinosaure, immense machine à subventions et allocations d'un
côté, et à impôts de l'autre, mais en le modernisant pour le rendre plus proche des
citoyens comme le rendent aujourd'hui possible les nouvelles technologie.
La vision de la vie politique et des solutions qu'elle pense
apporter doit se modifier pour s'adapter eu monde qui l'entoure. Ce n'est qu'à ce prix
qu'elle pourra enfin apporter des réponses justes aux défis de la société.
1. Rénover l'action politique
Il est temps de retrouver le sens de l'action politique. Ne plus
proposer des solutions de circonstance mais des les inscrire dans une pensée cohérente,
dans la durée. La politique retrouverait sa noblesse si elle acceptait enfin de
réfléchir avant de décider. Dire que la politique doit penser et agir pour préparer
l'avenir ne doit plus être une simple parole, un simple veux pieux, il faut le
transformer en actes.
2. Casser les baronnies
Mais les plus gros freins à l'action politique sont les
résistances, les conservatismes qui empêchent les réformes et les mutations. Baronnies
politiques, obscurantisme social, illères médiatiques, peurs ancestrales sont
autant de barrières qu'il faut faire sauter pour faire avancer la société.
Et la première à faire exploser est la vision rigide de la
politique enfermée dans le système de luttes pour des pouvoirs qui par ailleurs nous
échappent peu à peu.
3. Faire vivre la démocratie
L'histoire a prouvé qu'il ne pouvait y avoir d'évolution
qu'avec et pour l'Homme. Aujourd'hui, la meilleure assurance de la réussite des
transformations de notre société est qu'elles soient reconnues, acceptées, expliquées
autant souhaitées. La Politique ne doit avoir peur des Hommes, elle doit s'en nourrir. Se
nourrir de leurs expériences, de leurs richesses, de leurs idées. L'action politique
doit se nourrir de la démocratie et non simplement en attendre le verdict. Nous ne devons
plus avoir peur d'aller demander, d'aller écouter les attentes pour les satisfaire, les
craintes pour les écarter, les besoins pour les comprendre.
Le formidable engagement des citoyens (et en particulier des
jeunes) dans des associations sociales et humanitaires prouve qu'ils ne rejettent pas
l'engagement. C'est aussi la leçon du succès inattendu des JMJ autour du Pape. Le
développement des nouveaux gourous est aussi la manifestation pervertie de cette soif
d'engagement et de recherche de repères.
Sachons travailler avec les associations, sachons nous ouvrir à la
société civile pour en apprendre plus sur la vrai société. Nous devons casser la
vision rigide selon laquelle la politique est la seule à pouvoir répondre aux attentes
des gens.
4.
Satisfaire l'initiative
Malgré ces grands mouvement d'engagement et la soif d'écoute
de la population, les partis politiques ne font plus recette. C'est qu'ils n'apportent pas
les bonnes réponses et souvent brident les initiatives. Il est temps que les dirigeants
politiques quittent leur carrière pour penser enfin à l'avenir de l'ensemble du pays.
Cela devrait se faire naturellement mais s'il faut passer par des nouvelles
réglementations du cumul des mandats, nous ne devons pas avoir peur de le faire a
condition de ne pas s'en satisfaire.
Les partis politiques existent grâce à une réalité locale.
Ils doivent écouter leur base en leur donnant les moyens de développer leurs propres
initiatives. La cohérence politique ne signifie pas l'unicité d'action. Les réponses
valables à un moment à un endroit ne le sont universellement et intemporellement. Les
solutions ne sont pas dans les livres mais dans l'imagination et la capacité de création
des Hommes. Il faut être à l'écoute de cette créativité et ne pas trop la
personnaliser. Ce devrait être le rôle d'un parti politique. Ce doit être le rôle du
parti gaulliste.
B. Une nouvelle Politique
1.
Réhabiliter l'idéologie
Le siècle qui s'achève fut celui de l'idéologie communiste.
Elle a enthousiasmé, fait rêver, donné un espoir aux peuples opprimés, mais elle a
surtout tué, déporté, détruit, contraint l'Homme à entrer dans une société rigide
où la liberté individuelle n'a pas de place. En un siècle, l'idéologie communiste
s'est développée, fut mise en pratique, et est morte dans certains pays qui ont su s'en
sortir. Il a révélé la barbarie de cette idéologie, son inhumanité.
Mais le communisme a aussi tué la notion d'idéologie en lui
donnant un visage déphasé de la réalité humaine. Et pourtant l'idéologie est par
définition porteuse d'idéal. En la tuant, c'est l'espoir en l'avenir que l'on a un peu
tué avec. Les Hommes n'ont plus d'idéal, il ne croient plus que la société puisse
être meilleure.
Réhabiliter l'idéologie, c'est montrer la cohérence de l'action
politique, c'est dire vers quel avenir on souhaite engager la société, c'est redonner
l'espoir aux Hommes.
Bien entendu il ne s'agit pas de se battre au simple nom de
l'idéologie mais pour son but, vers sa réalisation. Il convient aussi de s'engager,
d'inventer des idéologies nouvelles, tolérantes, humaines, basées sur le triptyque
républicain, la liberté de chacun, l'égalité des droits, la fraternité des Hommes.
2.
Le Gaullisme : Notre Idéal
Pour répondre à cette exigence d'idéal, nous avons notre
réponse : le Gaullisme.
Les générations actuelles sont les premières à ne pas avoir
du tout connu le Général de Gaulle. Nous devons profiter de cette situation pour
repenser l'idéal gaulliste et le rénover en le dissociant du personnage historique qui
en est à l'origine.
Le gaullisme proposait une troisième voie entre le communisme et
le capitalisme. Aujourd'hui, le socialisme a pris le pas sur le communisme sans en renier
l'idéal, et le libéralisme est le nouveau visage du capitalisme. La troisième voie est
donc plus que jamais d'actualité.
Le gaullisme est basé sur la liberté dont l'histoire du siècle a
montré combien elle est nécessaire à l'adhésion des peuples.
Le gaullisme met en avant l'Homme. Le succès des organisations
humanitaires prouve combien l'humanisme est actuel.
Le gaullisme repose sur la volonté du peuple et sa participation.
Les gens aujourd'hui ont soif de cet engagement.
Le gaullisme est avant tout un idéal réaliste. La politique s'est
écartée du pays réel. Nous avons besoin aujourd'hui qu'elle s'y consacre à nouveau et
qu'elle en soit à l'écoute.
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